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"Comment notre cerveau nous empêche de maigrir"

Voici un article intéressant paru sur le site du figaro.fr il y a quelques temps déjà : (adresse originale)

 

Comment notre cerveau nous empêche de maigrir

Mots clés : poidsobésitérégimeactivité physiqueGraisse

Par figaro icondamien Mascret - le 07/01/2016

INTERVIEW - Le Pr Dylan Thompson est un chercheur de l'Université de Bath (Grande-Bretagne) internationalement reconnu pour ses travaux sur les liens entre le poids et l'activité physique.

 

LE FIGARO. - La graisse corporelle a mauvaise réputation en médecine. Mais pourquoi notre corps engraisse-t-il?

Pr DYLAN THOMPSON. - Sans la capacité à stocker de l'énergie sous forme de graisse, nous n'aurions probablement pas survécu à des millions d'années d'évolution, ou nous n'aurions pas l'apparence que nous avons aujourd'hui. Nous avons besoin de la capacité à stocker de l'énergie pour survivre aux périodes de famine, et le gras est un excellent moyen de le faire. Même un homme relativement svelte de 75 kg a typiquement l'équivalent de 100.000 kilocalories stockées sous forme de graisses! Alors que la graisse est souvent diabolisée, il est logique pour notre corps de stocker l'énergie sous cette forme et de s'y accrocher au cas où survient une famine. Le problème aujourd'hui, c'est que beaucoup de gens stockent trop d'énergie sous forme de graisses.

Comment expliquer qu'un obèse continue à avoir faim, alors qu'il possède des réserves importantes?

Nous possédons des systèmes physiologiques très perfectionnés pour recueillir des informations sur l'énergie stockée dans notre tissu adipeux. L'un de ces systèmes implique la leptine, une protéine sécrétée par le tissu adipeux qui signale au cerveau combien d'énergie est stockée sous forme de graisse. Plus nous stockons de graisse, et plus le taux de leptine augmente dans le sang. Mais notre cerveau s'habitue à un niveau augmenté de leptine et finit par le considérer comme «normal». D'une certaine façon, il devient résistant à la leptine. Notre cerveau n'entend plus rien, et ne se rend plus compte qu'il a déjà des réserves de graisse.

Que se passe-t-il lorsqu'on perd des kilos?

Lorsque l'on essaie de perdre du poids, notre corps répond en mobilisant les stocks de graisse et en libérant cette énergie emmagasinée. C'est alors que le système impliquant la leptine devient réellement important. Il y a une chute du taux de leptine dans le sang absolument disproportionnée par rapport à la perte modeste de graisse. L'effondrement de la leptine est une tentative désespérée d'informer le cerveau que l'on est en train d'entamer le stock d'énergie. La réponse est à la fois une sensation accrue de faim et une augmentation des «comportements de récompense» (manger gras, sucré, salé ; fumer et boire de l'alcool). Un taux réduit de leptine déclenche aussi des symptômes dépressifs chez l'animal. Ainsi, lorsque l'on essaie de perdre du poids, notre tissu adipeux demande au cerveau de résister afin d'éviter une réduction des stocks de graisse. Nous avons faim. Nous cherchons des récompenses. Et on peut alors avoir un «coup de mou» ou se sentir déprimé!

Comment contrecarrer ces mécanismes physiologiques ancestraux?

La première chose importante à comprendre et à accepter, c'est qu'il est parfaitement normal d'avoir faim lorsque l'on cherche à perdre des kilos en trop. Ensuite, il s'agit de composer avec cette sensation. Par exemple, en consommant des aliments satiétogènes (viande, poissons, œufs, lentilles…) qui sont riches en fibres et en protéines, et en évitant ceux qui sont denses en énergie mais moins satiétogènes (sucreries, desserts, boissons sucrées et sodas).

Le sport peut-il aider à maigrir?

L'activité physique est un bon moyen de brûler de l'énergie et donc peut aider à maigrir. Toutefois il est important de noter qu'un programme typique d'exercice (tel qu'un jogging trois fois par semaine) va augmenter les dépenses énergétiques d'au moins 10 %. De plus, nos recherches ont montré que les gens compensaient en mangeant un peu plus que d'habitude. Ainsi se mettre à une nouvelle activité physique ne va pas conduire à perdre énormément de poids, surtout si l'on ne veille pas par ailleurs à ses apports caloriques. Ceci dit, augmenter son activité physique est bénéfique pour la santé. Y compris par des choses qui ne sont pas (à tort!) considérées comme de l'activité physique: rester debout, remuer, marcher, faire de petits déplacements.

Quelle est l'erreur la plus fréquente commise lorsque l'on veut maigrir?

Une erreur très commune est d'avoir des attentes complètement irréalistes. Or perdre du poids n'est ni facile ni rapide. Notre corps considère l'accumulation de graisse comme un succès et combattra vigoureusement si l'on essaie de perdre du poids. Les kilos ont pu s'accumuler sur des années et cela prendra du temps pour les perdre. Les gens veulent une solution rapide, mais le meilleur moyen est de se fixer un objectif à long terme et d'adopter un style de vie qui pourra être maintenu pendant des années et pas seulement pour quelques semaines ou mois. De petits changements définitifs sont bien plus fructueux que de grandes modifications brutales.

"Mieux vaut mincir que maigrir"

Cette semaine j'ai eu l'occasionde lire un article de Psychologies.com qui reflète tout à fait ma façon de voir mon métier et donc la manière dont je vous suis, en voici quelques extraits, vous trouverez le lien vers l'article complet en fin de page.

Jean-Philippe Zermati, médecin nutritionniste, spécialiste des troubles du comportement alimentaire, président d’honneur du Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids (Gros), auteur de Maigrir sans régime(Odile Jacob, 2011).

"Le corps possède une intelligence propre, construite sur des besoins physiologiques et sur l’histoire psychoémotionnelle de chacun. On a beau le contraindre, il passera toujours outre les privations. Ainsi, le seul objectif raisonnable est de tendre vers son poids d’équilibre, c’est-à-dire son poids naturel. Celui que l’on atteint quand on n’est ni dans la restriction (je me prive, je m’interdis certains aliments), ni dans l’excès (je mange au-delà de mon seuil de plaisir et de satiété)."

 

Gérard Apfeldorfer, psychiatre et psychothérapeute, spécialiste des troubles du comportement alimentaire, président du Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids (Gros), auteur deMaigrir, c’est dans la tête (Odile Jacob, 2014).

"Perdre du poids ne fait pas gagner en minceur. Avec les régimes, les personnes reprennent plus de kilos qu’elles n’en ont perdu, ce qui sape leur détermination. En revanche, dans la démarche « mincir », il s’agit de changer sa relation à la nourriture et à son corps. D’où des résultats durables. La motivation est remplacée par les notions de bienveillance et de plaisir. On pourrait traduire cela par vivre en paix avec son corps et avec la nourriture."

 

Michèle Freud, psychothérapeute et sophrologue, auteure de Mincir et se réconcilier avec soi(avec un CD audio, Albin Michel, 2012).

"Si le régime transforme brutalement (mais pas durablement) la silhouette sans prendre en compte la morphologie et la physiologie de chacun, l’amincissement remodèle le corps de manière personnalisée et durable, et permet de le mettre en valeur en l’habitant autrement. C’est une illusion de croire que sous les kilos indésirables se trouve le corps idéal, et de penser qu’il existe une minceur standard qui irait bien à toutes les femmes. On peut perdre des kilos superflus, redessiner son corps, tout en gardant ses rondeurs si elles sont le fruit de notre morphologie et de notre physiologie."

 

Article complet ici